Marché européen
Les cours restent particulièrement sensibles aux événements géopolitiques, et les marchés des grains comme de l'énergie continuent de subir les effets d'annonce. Ce début de semaine en apporte une nouvelle illustration : après avoir annoncé l'annulation d'une attaque visant l'Iran, Donald Trump évoque désormais une nouvelle phase de négociations dès ce lundi. Il n'en fallait pas davantage pour faire reculer les prix du pétrole, ce qui devrait avoir un impact non négligeable sur les marchés céréaliers lors de la première séance de la semaine.
Pourtant, même si les opérateurs financiers accentuent la pression, la logistique en mer Noire demeure perturbée. Les voies alternatives mises en place pour exporter les grains depuis cette région du monde apportent certes un certain réconfort, mais elles ne pourront compenser totalement l'activité habituelle. De plus, de nouvelles frappes ont été recensées ces derniers jours, ce qui devrait continuer à alimenter une prime de risque sur les marchés.
Sur le terrain, les travaux de récolte sont désormais achevés en France pour les cultures d'automne. L'attention se porte à présent sur les cultures de printemps, dont la dégradation risque malheureusement de marquer les esprits. Selon Céré'Obs, 34 % des maïs sont jugés dans un état bon à excellent, mais ce pourcentage recule à vue d'œil. Les conditions météorologiques attendues dans les prochains jours ne devraient pas améliorer la situation et font également craindre le pire pour les tournesols.
Pour la prochaine campagne, les inquiétudes se concentrent déjà sur les semis de colza, alors que le déficit hydrique demeure marqué. Sans précipitations significatives dans les prochains jours, les surfaces initialement prévues en oléagineux pourraient être revues à la baisse.
Dans le contexte géopolitique actuel et à la suite des décisions des banques centrales, la parité euro/dollar évolue au-dessus de 1,15. Cette situation est de nature à peser sur la compétitivité des offres européennes une fois que les échanges commerciaux mondiaux retrouveront un fonctionnement plus normal.
Marché américain
Comme leurs homologues européens, les marchés américains réagissent aux turbulences internationales. Les prises de position de Donald Trump soufflent le chaud et le froid sur les marchés, poussant les opérateurs financiers à ajuster leur exposition, notamment aux grains et aux produits énergétiques. La période estivale incite également nombre d'entre eux à réduire leurs positions à l'approche des congés.
Au-delà des considérations géopolitiques, la météo est elle aussi sous le feu des projecteurs. Les modèles météorologiques ayant évolué vers davantage de précipitations sur la Corn Belt, les inquiétudes se sont quelque peu atténuées. Pourtant, la situation n'apparaît pas encore optimale, ce qui pourrait à tout moment faire renaître une certaine prime de risque sur les marchés.
Du côté des échanges commerciaux, les regards restent tournés vers la Chine, alors que l'Empire du Milieu demeure actif aux achats. Bien que des interrogations subsistent quant aux volumes qu'il lui reste à importer pour respecter l'accord conclu il y a quelques mois, la dynamique reste favorable. En fin de semaine dernière, une nouvelle vente exceptionnelle de 252 000 tonnes de soja à destination inconnue a ainsi été enregistrée.
Marché mer Noire
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