Marché européen
Les fondamentaux tentent peu à peu de reprendre le contrôle des marchés. Bien que les regards restent braqués sur le Moyen-Orient, la lassitude face aux voltefaces du président américain commence à se faire sentir. Les cours ne réagissent plus avec la même intensité aux annonces et tentent désormais de prendre davantage de recul. Les différents rapports à venir devraient apporter de nouveaux éléments concernant les marchés des grains dans les prochaines semaines, à l’image de celui publié hier par l’USDA.
D’ailleurs, parmi les signaux, le dollar indice a commencé à corriger, repassant sous le seuil des 100. Dans ce contexte, la parité euro/dollar est repassée au-dessus de 1,15, se rapprochant même des 1,16. Une évolution qui ne joue pas en faveur des origines européennes, lesquelles peinent déjà à se positionner sur la scène export.
Sur ce volet export, notons l’achat de 100 000 t de blé par la Tunisie, à des prix allant de 274,73 $/t à 275,49 $/t.
Dans l’environnement chahuté actuel, les huiles végétales retrouvent quant à elles du dynamisme. La hausse marquée de l’huile de soja américaine ces derniers mois est notable, tout comme le regain de forme de l’huile de palme en mars. En cause : l’annonce hier par le gouvernement indonésien de l’entrée en vigueur du B50 dès le 1er juillet 2026. Cette décision s’inscrit dans la continuité d’un plan engagé depuis plusieurs années visant à soutenir la filière nationale et à réduire la dépendance aux énergies fossiles, dont les prix ont fortement augmenté récemment. En Argentine, les autorités ont également mis en place des mesures temporaires permettant d’augmenter les mandats d’incorporation de biodiesel afin de répondre à la crise énergétique actuelle.
Ces éléments sont de nature à soutenir certaines filières agricoles dans les pays concernés.
Marché américain
La journée d’hier a été marquée par la publication du rapport trimestriel de l’USDA sur les stocks, mais aussi sur les surfaces. Avec peu de surprises concernant les disponibilités à date, c’est bien vers le terrain que les regards étaient tournés, notamment en ce qui concerne le maïs. L’actualité géopolitique ayant bouleversé les prix des engrais, les opérateurs s’attendaient à une baisse des surfaces emblavées. C’est effectivement le cas par rapport à l’an passé, mais ce repli de –3,5 millions d’acres reste inférieur aux anticipations. Alors que le consensus tablait sur 94,4 millions d’acres de maïs, l’USDA a publié un chiffre de 95,3 millions d'acres. Basé sur une enquête réalisée début mars, ce chiffre pourrait évoluer dans les prochains mois.
En compensation, les surfaces de soja gagnent +3,5 millions d’acres par rapport à l’an dernier, à 84,7 millions d’acres, ce qui reste dans la fourchette basse des attentes. Enfin, en blé, la baisse structurelle des surfaces se confirme avec 43,8 millions d’acres annoncés tous blés confondus, soit un nouveau recul de –1,6 million d’acres par rapport à l’année précédente.
Désormais, ce sont vers les travaux des champs que les regards seront tournés, alors que la météo reste globalement sèche sur une large partie des États-Unis, permettant une avancée rapide des semis. Pour autant, une partie des blés demeure à risque, comme en témoigne la nette détérioration des conditions de culture en ce début de semaine.
Marché mer Noire
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