Marché européen
Une nouvelle fois, la géopolitique était hier sous le feu des projecteurs sur le marché des céréales. Outre la confirmation d’une réunion de négociation tripartite à venir entre l’Ukraine, la Russie et les États-Unis à Abu Dhabi, les opérateurs de marché ont été sensibles hier à l’autorisation de sortie de la mer d’Azov octroyée par la Russie aux navires de céréales jusqu’au 15 novembre. Rappelons que la fermeture du passage du détroit de Kertch par la Russie le 10 juillet dernier est l’un des premiers éléments à avoir lancé la dynamique haussière des derniers mois sur le marché du blé.
La situation en mer Noire demeure très confuse. Néanmoins, c’est l’optimisme d’une hypothétique reprise des flux qui domine le marché et qui vient effacer encore un peu plus la prime de risque présente dans les cours du blé sur Euronext comme sur Chicago.
Le blé Euronext Décembre 2026 a ainsi chuté sur un nouveau plus bas depuis début juillet à 223 €/t avant de clôturer à 227 €/t, limitant finalement la baisse à -1,50 €/t. Le maïs, entraîné par le blé et sensible à toute hypothétique idée de reprise des flux d’exportation ukrainiens, affiche une plus lourde perte en clôture avec -3,75 €/t de baisse à 259,50 €/t sur l’échéance Mars 2027.
Le colza reste quant à lui très volatil. Il est partagé entre l’influence baissière des céréales et des anticipations autour de la situation en mer Noire d’une part, et la fermeté du pétrole d’autre part. 8 €/t séparent ainsi le plus haut du plus bas traité hier sur l’échéance Février 2027 d’Euronext, qui clôture sur une légère hausse de +1,75 €/t.
La réunion de la FED s’est conclue hier, comme attendu, par une reconduction des taux d’intérêt sur le niveau du mois dernier, sans discours de trajectoire associé. Comme il l’a toujours dit depuis sa nomination à la tête de la FED, Kévin Warsh souhaite en dire le moins possible sur la tendance à venir des taux de la FED. Son silence hier à propos de futures hausses de taux a été interprété comme légèrement "dovish", conduisant à une stabilisation du dollar sur ses niveaux actuels. Après un plus bas hier à 1,1113, l’euro/dollar revient à 1,1140 ce matin. Dans l’attente de la réunion de la BCE ce jeudi, l’euro reste avant tout pénalisé par les inquiétudes autour de la dette française.
Marché américain
Comme à chaque fois, le contrat blé SRW sur Chicago est le plus marqué par les annonces liées au conflit entre la Russie et l’Ukraine. Les cours du blé ont ainsi de nouveau plongé hier à l’écho de la possibilité pour les bateaux bloqués en mer d’Azov par la Russie depuis juillet d’en ressortir jusqu’au 15 novembre. Le blé SRW sur Décembre 2026 revient ainsi sur le niveau psychologique des 6 $/boisseau. Nous sommes ainsi dans la neuvième semaine de baisse consécutive sur ce produit, qui vient de perdre -24 % en tout juste 2 mois.
Dans un tel contexte baissier, le marché sera très sensible aux chiffres de ventes à l’exportation hebdomadaires américaines publiés ce jeudi par l’USDA, pour y détecter un quelconque signe de reprise d’activité pour le blé américain.
Les cours du maïs et du soja sont restés hier sous l’influence baissière du blé. Le maïs a pu toutefois rebondir pour clôturer en légère hausse sur Chicago à la faveur d’une hausse de la production et d’une baisse des stocks hebdomadaires d’éthanol aux États-Unis.
En graine de soja, l’annonce d’une nouvelle vente hebdomadaire de 120 000 t à destination inconnue par l’USDA n’aura pas été suffisante pour endiguer une nouvelle session de baisse.
Marché mer Noire
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