Marché européen
Séance à deux vitesses sur les céréales en ce début de semaine. Les cours se sont d’abord inscrits dans le vert à l’ouverture avant de rebrousser chemin. Il faut dire que la prudence reste de mise concernant la situation géopolitique, notamment les événements en mer Noire. L’écart se creuse entre les déclarations politiques et la réalité sur le terrain.
Si le président ukrainien évoquait récemment la nécessité de trouver un accord afin de préserver les chargements de grains et d’accélérer les exportations, la situation est tout autre dans les faits. Les frappes se poursuivent de part et d’autre de la mer Noire, entraînant naturellement un ralentissement marqué des flux au départ de cette région. Dans ce contexte, les prix locaux restent sous pression, fragilisant une partie de l’économie des deux pays.
Les acheteurs internationaux doivent composer avec ces événements géopolitiques, ce qui profite aux blés roumains et baltes. La demande pour ces origines demeure soutenue et la dynamique des chargements reste favorable. Autre point clé : la France gagne également quelques parts de marché, et cette tendance devrait être encore plus visible dans les prochaines semaines. En effet, l’ONICL a annoncé la réouverture des importations marocaines dès la mi-septembre, ce qui devrait notamment bénéficier aux offres françaises.
Dans son dernier rapport publié lundi, l’office européen MARS a mis à jour ses estimations de rendements en Europe. Outre la reconduction du rendement moyen du blé tendre dans l’Union européenne à 5,88 t/ha, le rapport est marqué par une révision à la baisse du potentiel du maïs. Le rendement européen est désormais estimé à 6,61 t/ha contre 6,93 t/ha le mois dernier, mais de nouvelles révisions pourraient encore intervenir dans les prochains mois.
Sur le marché des oléagineux, le colza a cédé sur le plan technique, enregistrant une forte baisse qui le rapproche des 520 €/t sur l’échéance de novembre. Au-delà des pluies annoncées, qui pourraient offrir aux producteurs une fenêtre favorable pour débuter les semis en France, la pression est principalement venue des États-Unis. En annonçant la prolongation du délai accordé aux raffineurs pour démontrer leur conformité à la réglementation sur l’incorporation de biocarburants, l’EPA a allégé leurs contraintes réglementaires. L’huile de soja a ainsi fortement reculé outre-Atlantique, un mouvement qui s’est également répercuté sur les marchés européens.
Marché américain
Les opérateurs américains avaient une nouvelle fois les yeux tournés vers les conditions de cultures en ce début de semaine. Désormais, 57 % des surfaces de maïs sont jugées dans un état bon à excellent, soit trois points de moins que la semaine passée. Ce chiffre ressort en dessous des attentes, permettant aux cours américains de retrouver la zone des 5,20 $/boisseau sur l’échéance décembre. Cette dégradation du potentiel va de pair avec la récente publication des résultats du Pro Farmer Crop Tour, largement inférieurs aux estimations de l’USDA. En soja, cette même proportion recule d’un point, à 60 % de bon à excellent.
Parmi les autres éléments marquants, la situation demeure très incertaine quant à la mise en place de nouvelles taxes par l’administration Trump. La volonté du président de taxer les produits importés du Canada n’est pas sans conséquence pour le canola, puisque la quasi-totalité de l’huile canadienne est destinée au marché américain. La prudence reste donc de mise chez les opérateurs.
Les inspections à l’exportation ressortent comme suit :
- Maïs : 1,3 Mt, en dessous des attentes
- Soja : 421 000 t, conforme aux attentes
- Blé : 426 000 t, conforme aux attentes
Marché mer Noire
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