Marché européen
Le marché européen des grains tentait de digérer hier la très forte pression baissière observée la veille. Si les cours ont effacé une partie de leur prime de risque liée au conflit entre la Russie et l’Ukraine sur l’espoir d’une avancée favorable en faveur de négociations de paix, la situation reste toujours des plus dures sur le terrain où les frappes continuent de part et d’autre.
Les cours européens ont bénéficié hier d’une chute de l’euro/dollar sous les 1.1200 durant toute l’après-midi. Au-delà des risques macro-économiques liés au prix de l’énergie, l’euro souffre des inquiétudes budgétaires françaises. Le rendement de l’OAT française à 10 ans a dépassé hier le seuil très symbolique des 5 % pour la première fois depuis 24 ans. Les investisseurs doutent de la capacité de la France à réduire son déficit, dans un contexte politique et social tendu et avec l’anticipation d’une dégradation de la note du pays ce vendredi.
Au Moyen-Orient, les tensions restent vives et la possibilité d’une reprise des attaques entre les États-Unis et l’Iran ne cesse d’alimenter les discussions. Le pétrole témoigne de ces inquiétudes en revenant sur les 100 $/baril à New York. Une dynamique qui, en toile de fond, soutient le secteur des huiles végétales et plus globalement le complexe oléagineux. Soja, palme, canola ou encore colza ont clôturé en nette hausse hier sur leurs marchés à terme respectifs de Chicago, Kuala Lumpur, Winnipeg et Paris.
Tandis que la graine de colza gagnait +7 €/t en clôture hier soir à 547.25 €/t sur l’échéance Février 2027 d’Euronext, le rebond du blé est resté plus timoré. L’échéance blé Décembre 2026 clôture en hausse de +1.5 €/t à 234.25 €/t. Elle a dû faire face à un marché du blé toujours orienté à la baisse sur Chicago.
Le maïs se distingue comme le seul produit à la baisse hier sur Euronext avec un recul de -3.25 €/t à 265.25 €/t en clôture sur Mars 2027 dans un contexte de rationnement de la demande et d’arbitrages face au blé nettement plus compétitif en alimentation du bétail après sa lourde chute de la veille.
Marché américain
Deux ambiances ont séparé le marché de Chicago hier. D’un côté, le complexe soja s’est montré ferme avec des fonds aux achats dans un contexte de hausse du pétrole à 100 $/baril à New York et de progression de l’ensemble des marchés oléagineux. La graine de soja a également fini par saluer la très bonne performance commerciale américaine des derniers jours vers la Chine. L’USDA a en effet publié hier un chiffre massif de ventes à l'export hebdomadaires de 2.841 Mt de graine de soja.
De l’autre côté, les céréales sont restées orientées à la baisse avec toujours une pression vendeuse de la part des fonds. Le blé recule davantage sous l’effet de la déception suscitée par les ventes export hebdomadaires américaines, qui retombent à leur plus bas niveau depuis six semaines à seulement 240 000 t, selon l’USDA hier. La baisse du maïs, qui intervient dans un contexte de pression récolte active, est néanmoins plus limitée à la faveur de chiffres d’exportations hebdomadaires en progression et supérieurs aux attentes, à 1.527 Mt.
Marché mer Noire
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