Marché européen
Encore une journée riche en émotions pour les opérateurs du marché des grains. La volatilité qui s’est installée demeure particulièrement marquée, avec pas moins de 12 €/t d’écart entre le plus haut et le plus bas sur le blé Euronext échéance décembre, 6 €/t sur le maïs et 6 €/t sur le colza.
La géopolitique reste au cœur des séances quotidiennes. Après l’annonce de nouvelles attaques sur les infrastructures russes et ukrainiennes, un prétendu projet d’accord a circulé sur le marché. Celui-ci évoquerait une demande de l’Ukraine auprès de la Russie visant à ne plus cibler les chargements de matières premières agricoles. Il n’en fallait pas davantage pour provoquer une correction des marchés, qui peinent encore à prendre la pleine mesure de la situation. Pour cause, la dynamique export demeure particulièrement faible et les chiffres officiels devraient le mettre en évidence d’ici la fin du mois. Dans ce contexte, les acheteurs internationaux sont contraints de revoir leurs stratégies d’approvisionnement, et un transfert de la demande vers d’autres origines commence à se dessiner.
Les ajustements réalisés par l’USDA ont également été intégrés par les opérateurs, qui tournent désormais leur regard vers l’hémisphère Sud, alors que les prévisions restent toujours aussi préoccupantes concernant l’impact du phénomène El Niño d’ici la fin de l’année. Dans l’immédiat, les conditions de culture demeurent favorables en Australie, ce qui a conduit l’organisme américain à maintenir sa prévision de production de blé à 28 Mt. En Allemagne, l’association des coopératives agricoles annonce quant à elle une production de blé de 19,1 Mt, un niveau nettement inférieur aux 22,6 Mt récoltées l’an dernier.
Le déficit hydrique reste particulièrement marqué en Europe occidentale, remettant naturellement en question les semis de colza pour la récolte 2027. À l’heure où l’Ukraine, l’un des principaux fournisseurs de l’Europe, demeure fortement contrainte sur le plan logistique, la tension réapparaît sur ce marché.
Marché américain
Les cours américains n’ont pas été épargnés par les rumeurs en provenance de la mer Noire et ont, de ce fait, enregistré d’importantes amplitudes de variation. Il faut dire qu’au-delà de ces éléments géopolitiques, de nombreuses publications continuent d’animer les marchés.
L’USDA a une nouvelle fois fait parler de lui, notamment à travers les débats concernant la production américaine de maïs. Alors que le rendement a été revu à la baisse, c’est surtout l’augmentation des surfaces semées en maïs, mais aussi en soja, qui alimente les discussions. À noter que le célèbre Pro Farmer Crop Tour se tiendra la semaine prochaine et permettra de valider, ou non, les estimations de rendement publiées par le gouvernement américain.
Hier encore, de nouvelles ventes exceptionnelles ont été enregistrées aux États-Unis, avec 125 000 tonnes de soja à destination de la Chine. Si l’objectif d’atteindre 25 Mt d’importations en provenance de cette origine demeure ambitieux, la dynamique actuelle reste particulièrement soutenue.
En Amérique du Sud, la Bourse de Rosario a relevé son estimation de production de maïs et annonce un niveau record de 70,5 Mt pour la campagne 2025/26. Dans le même temps, la Conab a également revu à la hausse sa prévision de production brésilienne, désormais estimée à 142,96 Mt, contre 141,73 Mt le mois dernier.
Marché mer Noire
Afin de notamment suivre au quotidien l'évolution de l'actualité et des prix en Russie et sur la région mer Noire, demandez l'accès complet au rapport AgriMarkets pour en savoir plus sur le bassin mer Noire en cliquant ici .