Marché européen
Une certaine lassitude commence à s’installer sur les marchés lorsqu’il s’agit de traiter le dossier du Moyen-Orient. Entre l’accalmie observée vendredi, la recrudescence des tensions durant le week-end et l’annonce, hier, d’un nouveau round de négociations au Pakistan, les opérateurs semblent perdre patience. Si, compte tenu de leur importance stratégique dans la région, les marchés de l’énergie demeurent sous pression, les grains, eux, évoluent avec davantage de détachement.
Le blé sur Euronext est parvenu à clôturer dans le vert, au-dessus de la zone symbolique des 205 €/t sur l’échéance Septembre. Au-delà de la baisse de la parité euro/dollar sous le seuil des 1,18, les marchés intégraient certaines inquiétudes en provenance des plaines américaines. Ailleurs dans le monde, les conditions de cultures restent globalement correctes, même si le déficit de précipitations commence à se faire sentir à l’ouest de l’Europe. En l’absence de pluie au cours des dix prochains jours, les cultures pourraient commencer à souffrir.
À plus long terme, la question des assolements se posera pour la récolte 2027, dans un contexte de hausse des charges, notamment sur les postes engrais et GNR. Les premiers effets pourraient se faire sentir en Australie, où les agriculteurs doivent déjà effectuer des arbitrages pour les semis des prochaines semaines. D’ici septembre, la même problématique se posera pour les producteurs de l’hémisphère Nord, ce qui pourrait venir chahuter les bilans.
De son côté, le colza parvient à repasser au-dessus des 490 €/t sur l’échéance Août d’Euronext. Le secteur des huiles demeure soutenu et apporte une touche de fermeté à l’ensemble du complexe.
Marché américain
Tant attendue par les opérateurs, la publication de l’USDA concernant les conditions de cultures a une nouvelle fois mis en évidence les craintes entourant le blé d’hiver. En cause, le pourcentage de blés d’hiver jugés en état bon à excellent continue de reculer et s’établit désormais à 30 %. Ce niveau représente une baisse de 4 points par rapport à la semaine précédente et se situe en deçà des attentes du marché, estimées en moyenne à 33 %. Ces éléments sont de nature à soutenir le blé HRW, qui s’échange toujours sur les plus hauts niveaux des contrats.
Dans le même temps, les producteurs s’affairent aux semis de blé de printemps, de soja et de maïs. L’avancement des travaux des champs s’établit respectivement à 12 %, 12 % et 11 %. La question des surfaces reste au cœur des préoccupations des opérateurs et il faudra encore patienter avant de contrecarrer définitivement les projections de l’USDA issues de son dernier sondage. En effet, la hausse des prix des intrants, notamment des fertilisants, pourrait encore inciter les farmers à ajuster leur assolement, principalement au détriment du maïs au profit du soja.
De leur côté, les inspections à l’export se sont révélées conformes aux attentes :
- Maïs : 1,7 Mt
- Soja : 749 000 t
- Blé : 518 000 t
En Argentine, l’attaché de l’USDA annonçait hier une production de maïs record, à hauteur de 61 Mt. Ce chiffre est en hausse de 11 Mt par rapport à l’an passé et surtout supérieur de 9 Mt au niveau annoncé dans le dernier rapport mensuel de l’USDA.
Marché mer Noire
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