Marché européen
Journée d’indécision sur les marchés céréaliers européens lors de la séance d’hier, alors que les nouveaux éléments disponibles ne permettent pas d’insuffler une nouvelle dynamique.
D’un côté, les opérateurs saluent la correction de la parité euro/dollar, désormais proche de 1,18 contre 1,20 la semaine dernière. La nomination de Kevin Warsh comme nouveau président de la Réserve fédérale américaine doit encore être confirmée par le Sénat, mais elle pourrait apporter son lot d’incertitudes à court terme. En effet, l’indépendance de la Fed vis-à-vis de la Maison-Blanche sera déterminante dans ce nouveau mandat afin de maintenir la confiance des investisseurs dans le dollar.
De l’autre, le regain de compétitivité des offres européennes reste timide face à la concurrence. Néanmoins, les opérateurs hexagonaux parviennent à tirer leur épingle du jeu en raison de la lenteur logistique en mer Noire. Qu’elle soit liée à la météo ou au conflit, la dynamique export russe et ukrainienne n’est pas des plus vigoureuses. Ainsi, certains acheteurs internationaux continuent de se tourner vers l’origine française. Les chargements devraient d’ailleurs rester soutenus dans les prochaines semaines.
Enfin, un œil reste attentif aux températures négatives, notamment en Ukraine. Le mercure descend sous les –20 °C dans l’est du pays, avec une couverture neigeuse limitée. Si, pour l’heure, les remontées terrain ne sont pas alarmantes, il conviendra de surveiller de près la situation à la sortie de l’hiver afin d’évaluer les éventuels dégâts.
Du côté du colza, le faible rythme des importations en Europe, combiné à la bonne tenue du soja et des huiles, apporte un regain de fermeté à la graine sur Euronext. L’échéance de mars se rapproche une nouvelle fois de la zone clé des 480 €/t, qu’elle ne parvient toutefois toujours pas à franchir.
Marché américain
Les discussions autour de la position américaine vis-à-vis de l’Iran et la nomination de Kevin Warsh au sein de la Réserve fédérale continuent d’influencer le pétrole et l’indice du dollar. Cela entraîne des ajustements de positions de la part des opérateurs financiers, déjà très sollicités en ce début d’année. S’il reste difficile pour les cours des matières premières agricoles de prendre une direction franche à Chicago, de nouveaux éléments viennent néanmoins alimenter les débats.
Parmi eux, citons les récentes déclarations de l’administration Trump concernant l’industrie des biocarburants. En apportant des clarifications quant au bénéfice potentiel en matière de crédits carbone pour les acteurs de ce marché, le Trésor américain offre un soutien non négligeable à la consommation de maïs et de soja. Cette initiative a d’ailleurs été saluée par la profession, qui souligne la bonne orientation prise par l’administration sur ce dossier.
En Chine, l’attention se portait sur la publication annuelle du « document central n°1 », qui présente les orientations du pays en matière d’agriculture et de développement rural. Souvent révélateur des priorités nationales, le document indique notamment la volonté de consolider et d’améliorer la production de soja. L’idée de diversifier les productions et les sources d’approvisionnement y revient fréquemment, tout comme celle de maintenir des prix « raisonnables » pour la majorité des produits agricoles.
Marché mer Noire
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